Monographie
Lipa

sculpteur peintre 1907-1976

Qui est lipa ?
Lipa, élève de Brancusi, compagnon de Fernand Léger, d’André Derain, de Hans Arp, a inscrit son travail dans le cycle des grands artistes du siècle de l’Art moderne. On devrait même dire qu’il est un des derniers modernes, avant l’éclosion des artistes que l’on qualifie désormais de contemporains.
Pendant trente ans, entre Paris, Monaco et les Etats-Unis, Lipa n’a cessé d’exposer son travail. S’il est connu et apprécié des collectionneurs, Lipa reste aujourd’hui étranger au grand public.
Mieux connaître l’homme, c’est le suivre dans les grandes lignes qu’en trace sa biographie. Mieux connaître l’œuvre, c’est la redécouvrir à travers une sélection de quarante photographies originales. Telle est l’ambition de la première monographie que nous lui consacrons aujourd’hui.

La préface
Dans les musées américains, un artiste est identifié par sa nationalité acquise, puis par son pays d’origine. Il en est ainsi de Lipa, Français né en Biélorussie. Comme Brancusi, né en Roumanie, ou Chagall né en Russie et tant d’autres. Dans la première partie du XXe siècle, qui voit la naisssance de l’art moderne, les artistes avaient plus que jamais besoin de se rencontrer, de discuter, d’échanger. C’est ainsi qu’ils découvraient les nouvelles tendances, les nouvelles formes d’expression artistique. L’artiste, à ses débuts, ne pouvait pas rester à l’écart du monde. Lipa l’avait compris. Il vint à Paris qui était la capitale artistique des années trente. Il y acheva sa formation et commença à travailler. Dans un mouvement similaire, vingt ans plus tard, il s’installa sur la Côte d’Azur. Comme beaucoup d’artistes de son temps, il trouva sur les rivages méditerranéens une lumière, une simplicité faite de rapports étroits entre la matière et la nature qui étaient favorables à son travail. Pour Lipa ce furent les collines de Nice, les petites rues d’une principauté de Monaco encore villageoise, les restanques de Gattières.


Mais Lipa se démarque d’un certain nombre d’artistes de sa génération. Il a vécu en s’engageant dans la vie de son siècle. Elle lui a épargné peu de souffrances. Les troubles de l’Europe orientale l’ont tragiquement séparé de sa famille. La seconde guerre mondiale lui a arraché de nouveaux êtres chers. Il aurait pu choisir l’émigration prudente vers les Etats-Unis. Il y aurait trouvé un environnement paisible pour continuer sa carrière de sculpteur. Mais il a préféré se jeter tout entier dans la Résistance parce qu’il s’agissait d’un combat pour la liberté. Pour elle, il a sacrifié sa carrière sans hésiter. Il n’a pourtant pas renoncé à être un artiste. A quarante ans, après des années d’épreuves, il recommence avec la même foi, surmonte les difficultés matérielles, les doutes de la création. Il travaille avec passion et obtient enfin la reconnaissance qu’il méritait.
Elève de Brancusi, compagnon de Fernand Léger, d’André Derain, de Hans Arp, Lipa a inscrit son travail dans le cycle des grands artistes du siècle de l’art moderne. On devrait même dire qu’il est un des derniers "modernes", avant l’éclosion des artistes que l’on qualifie désormais de contemporains.
Pendant trente ans, entre Paris, Monaco et les Etats-Unis, Lipa n’a cessé d’exposer son travail. S’il est connu et apprécié des collectionneurs, Lipa reste aujourd’hui étranger au grand public. Mieux connaître l’homme, c’est le suivre dans les grandes lignes qu’en trace sa biographie. Mieux connaître l’œuvre c’est la redécouvrir à travers une sélection de quarante photographies originales.
Telle est l’ambition de cette première monographie que nous lui consacrons aujourd’hui.

Une monographie en 3 parties

Première partie, biographie
Elle relate à quel point un homme seul, face à une nature des plus rudes, peut se montrer déterminé et courageux, même si cette dernière nous laisse tout de même des moments de répit.

Deuxième partie, hommage composé de 40 photographies originales de sculptures, réparti en 3 sections distinctes
– enchevêtrement substantiel
– acharnement de la matière
– métamorphismes
ouvrant au lecteur trois espaces contemplatifs différents qui mettent en évidence l’unicité certaine de l’art de Lipa par rapport à son époque, sa maîtrise des matériaux les plus divers –le bronze, la pierre, la terre cuite, la résine– et son extrême prédilection pour le bois dont il sublime les imperfections naturelles en de véritables formes éternelles, témoins ascensionnellement silencieux de sa mélancolique vision de l'univers.

Troisième partie : la postface, composée de 6 écrits
Gilles Perrault (écrivain, romancier, auteur de livres à succès)
Lipa le silencieux. Grand vivant, bon vivant, mais taiseux. Il s’exprime avec ses mains, c’est-à-dire que ses œuvres parlent pour lui. Muette et merveilleuse éloquence !

André Verdet (résistant, artiste-peintre, sculpteur, céramiste, écrivain et poète).
L’inspiration animatrice de Lipa, laquelle se fondait avec un amour sans cesse renouvelé de la Nature Mère, souffle inépuisable...

Michel Gaudet (critique d’art et peintre)
...Sculpteur et naturellement peintre Lipa a maîtrisé sa modernité dans le respect de la vie : l’oiseau est fait pour le vol, la femme est belle...

Frédéric Altmann (directeur du centre d’art contemporain de Carros, critique d’art)
...en visionnant sa vie et son œuvre, Lipa, viendra au grand jour, il suffit d’un coup de pouce des institutions culturelles pour remettre à sa juste place, ce sculpteur d’un haut niveau...
... ainsi qu’un hommage de son fils Pierre Drojevic, et de son plus fidèle ami Pierre Pineau.

L’art selon lipa
J’aime beaucoup la simplicité dans l’art car je crois que la simplicité est la chose la plus compliquée que l’on puisse acquérir. C’est à cause de cela que j’admire beaucoup l’œuvre du sculpteur Brancusi que je considère comme mon maître. Cet homme farouche était un grand penseur et ne recherchait que la simplicité.
Lipa, 1955


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